Lundi 18 Décembre 2017

Bilan de la conférence sur le sport et la santé

Le 26 avril 2007 s'est tenue une conférence sur le thème du sport et de la santé organisée par la ligue d'Alsace de triathlon et l'OMS de Sélestat en marge du duathlon de Sélestat.

L'activité sportive est, sous certaines conditions, une source de bienfaits pour la santé et un moyen d'épanouissement personnel reconnu, mais elle peut également, lors d'une pratique excessive ou par un entraînement inadapté, mettre l'organisme du sportif de tout niveau en danger : lésions musculotendineuses, osseuses, surentrainement, dopage, troubles digestifs, fatigue.

En pratique, chacun de nous compose avec ses capacités physiques et ses objectifs sportifs...souvent jusqu'à la casse !

Mais est ce que performance et santé sont vraiment compatibles ? C'est autour de cette question qu'ont débattu les intervenants devant la cinquantaine de personnes présentes et l'animateur du jour : Arnaud FABIAN (Conseiller Technique de la Ligue d'Alsace de triathlon).

Lors de cette soirée, médecins du sport (Martine ROEGEL, médecin-conseil auprès de la Direction Régionale Jeunesse et Sport et Marielle KUNTZ, médecin UF Cardio Sport Santé au centre hospitalier de Wissembourg), préparateur physique diplômé (Yvon BECKER UF cardio Sport santé CH Wissembourg - Sport Entrainement Santé), et athlètes (Pascal SCHULER, duathlète international et Emmanuel CONRAUX, triathlète ultra-distance) ont partagés leurs expériences autour du thème: "Sport et Santé, où sont les limites ?".

Sport et Santé, où sont les limites ?

L'ordre du jour répertoriant les bienfaits et les dégâts provoqués par le sport pour différentes parties du corps (os, articulations, muscles, tendons, système immunitaire), les risques particuliers aux enfants et adolescents, la fringale, l’hydratation, la performance, … a amené toutes sortes de questions faisant de cette conférence un débat très ouvert et interactif.

Concernant les os, il a été question des traumatismes par chute, des facteurs prévenants et de ceux favorisants les fractures de fatigue, l’ostéoporose.

Au niveau articulaire, la fréquence particulière de l'arthrose des sportifs a été abordée. Il est à noter que les sportifs présentent cependant une meilleure régénération des articulations que les sédentaires.

Le sport aide à rendre la charpente musculaire de notre corps plus robuste mais il peut également être une source de lésions (courbatures, élongations, déchirures, ...) et de déséquilibre musculaire. Une vidéo a clairement illustré un type de déséquilibre musculaire induit par la pratique du vélo et montré l'intérêt de pratiquer des exercices de gainage abdomino-lombaire. Les traumatismes tendineux, quant à eux, sont souvent liés à une mauvaise hydratation et de problèmes biomécaniques qui devraient être dépistés chez tout sportif de tout niveau.

Un autre point important souligné lors de cette soirée a été le risque de fragilité ostéo-tendineuse et celui d'arrêt de la croissance chez les enfants et adolescents, risque majeur de la pratique intensive du sport et en cas d'apport calorique insuffisant ou déséquilibré.

Un juste milieu est donc nécessaire pour une bonne santé et chaque type de sport pratiqué a ses spécificités en terme de bénéfice/risque. Les médecins présents ont particulièrement été clairs avec des explications très imagées et compréhensibles de tous.

Parmi les nombreux conseils entendus, on peut noter le fait de privilégier la qualité plutôt que la quantité en course à pied (quitte à utiliser de sorties longues en vélo pour faire de la quantité), ne pas négliger un suivi médical pour éviter les blessures (test d’effort, bilan articulaire, bilan podologique…), s’entourer de professionnels en matière de préparation physique qui permettra au sportif de mieux se connaître lui-même et d'obtenir de précieux conseils pour progresser au mieux.

Le bilan médico-sportif

Pour information voici le déroulement classique d'un bilan médico-sportif :

L'entretien médical permet de faire un bilan général de santé mais aussi un bilan statique et de souplesse pour mettre en évidence des problèmes biomécaniques et de prévenir d'éventuelles blessures, par exemple par le travail de souplesse de certaines articulations, un bilan podologique ou encore par la modification de sa position sur son vélo...

Ensuite, un bilan « dynamique » est réalisé pour observer l'aspect cardio-vasculaire : mesure de fréquence cardiaque au repos, mesure de la capacité pulmonaire dans un premier temps puis passage sur le vélo pour un test d'effort. Ce test consiste à pédaler sur un vélo dont la résistance augmente progressivement par paliers jusqu'aux limites des capacités de l'athlète et pendant quelques minutes de la récupération. Outre une mesure permanente de l'activité cardiaque et respiratoire (fréquence cardiaque, débit d'air respiré, électrocardiogramme…) par des capteurs et un « tuyau » fixé sur un masque, et de la puissance transmise au vélo, le taux de lactate est aussi mesuré à plusieurs moments.

Toutes ces mesures permettent de déterminer des valeurs physiologiques nécessaires à l'entrainement personnalisé de tout sportif : seuils ventilatoires (aérobie, anaérobie), VO2max, puissance maximale aérobie, fréquence cardiaque maximale, capacité de récupération…. Elles permettent également de détecter une anomalie cardiovasculaire même si aucun symptôme extérieur n'était visible jusque là.

Ceci est un point important car il n'est pas rare de constater des morts subites chez des athlètes de tous niveaux.

Dans les trois semaines, un test de terrain en course à pied (VMA avec paliers) réalisé avec un préparateur physique va permettre de confirmer les valeurs mesurées en laboratoire. Ces doubles valeurs de laboratoire et de terrain sont interprétées par un entraîneur qui saura les utiliser pour adapter et optimiser l'entraînement de l'athlète.

Cette session permet également d'obtenir de précieux conseils sur la préparation et l'entraînement, s'initier aux étirements, optimiser la foulée…